La Banque Mondiale à la rescousse de Bujumbura
Au Burundi du 29 septembre au 3 octobre 2025, la mission d’évaluation de la Banque Mondiale sur le Projet d’Urgence sur la Résilience Urbaine, PRU, estime qu’il n’y aura point de résilience urbaine à Bujumbura sans un contrôle rigoureux de l’urbanisation.
Au menu des points importants à harmoniser au cours de cette mission, et à accélérer le rythme de mise en œuvre, c’est entre autres le dossier des infrastructures à faible regret, l’affinement de plans stratégiques d’investissement pour des bassins versants sélectionnés et le renforcement de capacités pour la réduction des risques d’inondation à BUJUMBURA et GATUMBA, les travaux de pavage, l’approvisionnement en eau des villes de Gitega et de Bujumbura, l’acquisition d’engins de chantier pour l’Agence Routière au Burundi, la dotation de la Pompes à la REGIDESO,…
Sur ce dernier point, les images du moment de l’urbanisation de certains quartiers de Bujumbura augurent de risques de plus en plus accrus de dégâts humains et matériels de tout instant. Sans viabilisation, sans respect d’aucun plan urbanistique et le plus souvent dans une dynamique sans cesse risquée. C’est d’ailleurs peu de dire que le Projet d’Urgence sur la résilience Urbaine, PRU, projet du gouvernement du Burundi sous l’appui de la Banque mondiale pour un montant de 113 millions $ a du pain sur la planche.
Et pour cause, en une dizaine d’années, l’évolution de certaines zones de Bujumbura atteste d’une faible capacité de maîtrise de l’urbanisation et de capacités de contrôle qui laissent à désirer. Tout autour de la rivière Kinyankonge, les quartiers Kuwinterekwa, Buterere, Gisyo dans Kanyosha, etc. ; la liste est longue, très longue. Conséquence, les éboulements souvent signalés dans ces zones vulnérables et non constructibles emportent périodiquement des vies humaines. Dans des endroits où les gens pratiquent l’agriculture presque dans des lits des rivières, ou y érigent des maisons, quand la nature reprend ses droits ou en cas de fortes pluies, les conséquences sont catastrophiques : des cours d’eau qui envahissent et détruisent des maisons, des cultures emportées par les eaux et des investissements partis en fumée.
Raviver les capacités de gestion des risques
Le code de l’environnement, le code de l’eau, le code foncier et le code de l’urbanisme qui, croyait-on fixaient les normes de construction et d’occupation des sols manquent visiblement de techniciens de suivi et de contrôle et sont, depuis longtemps devenus inopérants. Fini les 25 m définissant la zone tampon jadis obligatoires du code de l’eau à partir des cours d’eau. Au contraire, les maisons sont de plus en plus orientées vers les ravins ou les cours d’eau, et à l’heure qu’il est, se retrouvent dans plusieurs endroits à quelques mètres des rivières, s’elles n’ont pas été emportées dans un ravinement croissant.
Le Projet d’Urgence sur la Résilience Urbaine saura-t-il alors raviver les capacités de contrôle sur le foncier ? Si une police de l’urbanisme réellement active est vivement souhaitée, saura-t-elle imposer sa volonté dans un contexte où les enjeux dans le foncier sont si sensibles qu’ils dépassent souvent le cadre du technique !