De loin, qui l’eût cru ! Le bout du tunnel qui pointe à l’horizon et le coup de la première pioche, fin avril ou début mai 2026 est un vrai « parcours de combattant » semé d’obstacles innombrables mais qu’il fallait tous prévoir. Avec méthode, vérifications systématiques et revivifications.

Même une fois le contrat des travaux signé, l’exécution de lourds travaux nécessite d’autres longs préparatifs impliquant d’autres vérifications, la mobilisation du matériel et équipements, parfois en provenance d’autres continents, l’acquisition et la vérification de la qualité des matériaux (matériaux latéritiques, roche massive, moellons et sables) et les matériaux à importer (Bitume, ciment et fer à béton). Sans oublier que de grands travaux aux grands moyens sont entourés de grands enjeux. 

Les nécessaires préparatifs

Depuis la mise en vigueur du Projet de Résilience des Transports au Burundi (PRT) en mai 2023, le processus peut sembler très long, et pour certains interminable. Mais, c’est quand on ignore la réalisation des études techniques (Production des plans des tracés et ouvrages), du dimensionnement de la chaussée et des ouvrages, la production des Dossiers de Consultation (DAO et DDP), les recrutements de l’entreprise et du cabinet de supervision) et par la suite la contractualisation de l’entreprise et du cabinet de supervision, en passant par la localisation des matériaux de construction et le dégagement des obstacles éventuels (Libération de l’emprise).

Visite de terrain d’une mission de supervision de la Banque mondiale

Parallèlement à la mise en œuvre des phases de production des études, et de recrutement et contractualisation de l’entreprise et cabinet de supervision, les parties prenantes, notamment les ministères sectoriels, les institutions bénéficiaires, les structures administratives, les communautés et les populations bénéficiaires doivent adhérer au projet et accepter d’accompagner dans la mise en œuvre des activités. Et pour cause, par endroits, les travaux sur le tronçon Bujumbura- Gitaza et sur les deux boulevards vont bouleverser les habitudes des riverains, et éventuellement impacter leurs biens, particulièrement dans la partie urbaine. Sur d’autres sections, les habitations, les champs seront affectés, jusqu’aux endroits les plus inattendus comme les cimetières, parce qu’il faut garantir les standards d’une route moderne.

Dans la mise en œuvre du Plan d’Action de la Réinstallation (PAR), les opérations de déplacement des tombes et d’indemnisations des personnes affectées, aucun détail ne doit être oublié avant le démarrage effectif du chantier de l’envergure du tronçon Bujumbura-Gitaza et des deux boulevards.

Malgré toutes ces précautions, il est élaboré un Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP) qui est un outil de travail des Comités à mettre en place, parce que, de toutes les façons, les plaines ne manqueront pas !

Peut-on mettre le tronçon Bujumbura-Gitaza aux normes de résilience climatique ?

C’est la question à laquelle va répondre le PRT, Projet de Résilience des Transports au Burundi pour le tronçon de route Bujumbura-Gitaza long de 25 km. En fait, ce tronçon est le chaînon manquant du principal corridor routier reliant Bujumbura à la Tanzanie.

Etat actuel de certains endroits du tronçon Bujumbura-Gitaza

Sur le plan technique, les normes de conception et de construction des routes tiendront compte des dommages et de la détérioration de ces tronçons routiers dus aux inondations et à l’érosion qui en résulte. Le PRT doit permettre de rehausser les plates-formes des tronçons routiers de 0,6 à 2,5 m et d’augmenter la durée de vie théorique des structures hydrauliques pour une période de référence de 50 ans. Ces solutions, soutenues par les autres mesures, devraient permettre de doubler la durée de vie globale des tronçons routiers, qui passera de 10 ans à 23 ans.

Mettre au premier plan la sécurité sur la RN3 et sur les boulevards Mwambutsa et Ndadaye

Dans le cadre des travaux de ce projet, il sera aussi question de la réhabilitation des boulevards de Ndadaye et de Mwambutsa, en centre-ville de Bujumbura, longs de 4 km, toujours selon des normes de résilience climatique et le développement du Transport Non Motorisé (TNM).

Comme prévu,le boulevard Mwambutsa long de 2,2 km à partir du rond-point des Nations Unies vers la gare du Nord et le boulevard Ndadaye Melchior, long de 1,8 km de longueur auront des voies piétonnes et de voies pour le transport non motorisé, ceci afin de garantir la sécurité aux usagers de la route les plus vulnérables, les piétons et les cyclistes.

Bien plus, dans le sens de la recherche de l’amélioration de la sécurité des usagers, la jonction au niveau de la Mutuelle de la Fonction Publique entre la route nationale n°3 et le Boulevard du Japon sera aménagée sous forme d’échangeur-giratoire pour garantir la fluidité du trafic et diminuer le nombre d’accidents à cet endroit. Le sens de circulation Bujumbura-Gitaza sera le plus privilégié et sera aménagé comme une voie expresse de passage supérieur.

Fin